Canal de Gap

Infrastructures hydrauliques

Ouvrages hydrauliques structurants

Les ouvrages amonts situé en commune de St Jean St Nicolas sont au nombre de 3 et 1 et sont situés sur la commune de Gap.
Ils permettent le captage de l’eau, la séparation des eaux et des graviers, la séparation des eaux et du sable, l’orientation des eaux vers l’Est, le Sud et l’Ouest du bassin Gapençais.

Réserve de Pelleautier

  • Type d’ouvrage : Réserve
  • Communes de localisation : La Freissinouse et Pelleautier.
  • Date de mise en service : 1971
  • Superficie du plan d’eau : 27 ha
  • Altitude du plan d’eau : 1 142 m NGF
  • Volume utile : 900 000 m3
  • Périmètre irrigué : 783 ha
  • Usages : irrigation, tourisme, environnement.

La réserve de Pelleautier

La réserve de Pelleautier est située en limite de 2 communes. Celle du même nom et celle de la Freissinouse. Lors de sa création, sa vocation unique était l’irrigation. Cependant, d’autres usages et intérêts sont venus s'y joindre.

Situation administrative du réservoir :

Le lac de Pelleautier dispose du statut d’eau close au sens de l’article R 431-7 du code de l’environnement. Les eaux du lac sont destinées à l’irrigation.

Richesse ornithologique :

Le lac de Pelleautier recèle des trésors ornithologiques. Ses eaux peu profondes, la présence d’herbiers, de patamotgétum sont propices au repos des migrateurs et à la reproduction de nombreuses espèces.

Grèbes huppés

Grèbes huppés - Lac de Pelleautier - Août 2003
Référence photo : grebe00151, Olivier Tourillon 2007

Grèbes huppés

Grèbes huppés - Lac de Pelleautier - Août 2003
Source : le CRAVE Référence photo : grebe9790


Grèbes huppés

Grèbes huppés - Lac de Pelleautier - Août 2003
Référence photo : grebe9387 Source : site du CRAVE

Bécassine des marais

Bécassine des marais - Lac de Pelleautier - Septembre 2003
Référence photo : becassine2392 Source : site du CRAVE

Grèbes huppés

Grèbes huppés - Lac de Pelleautier - Août 2003
Référence photo : grebe9674 Source : site du CRAVE
Copyright Olivier Tourillon 2007



Caractéristiques techniques

Le lac et les ouvrages

Le réservoir de Pelleautier se situe à une altitude de 970 m, au sud-ouest du bassin de Gap sur le versant est de la montagne de Céüze. Il a été construit sur l’emplacement d’une dépression créée par les efforts et le rabotage des terrains par le glacier descendant de Céüze.

Le lac de Pelleautier peut stocker près de 900 000 m3 d’eau. Le graphique ci-dessous présente le rapport entre la surface du plan d’eau et le volume stocké.

Schéma récapitulatif de la capacité du lac de Pelleautier :

Capacité de la réserve de Pelleautier

La réalisation de cette réserve a nécessité l’édification de deux digues, l’une à l’est, l’autre dite principale pour une crête de digue fixée à 972,50 m. Le parement amont de la digue principale qui est de type « homogène en terre compactée » est protégé par un enrochement.

Les caractéristiques de la digue sont présentées dans le tableau suivant :

Digue principale (nord)

Altitude de la digue

Altitude minimale (fil d’eau de la vidange)

Hauteur maximale

Revanche

Longueur

Largeur en crête

Fruit des talus (amont et aval)

Le déversoir : il s’agit d’un déversoir à clapet mobile qui baisse avec la montée du plan d’eau. Son altitude en position haute est de 969.30 m et de 968.10 m en position effacée.

Le lac ayant été utilisé pour la régularisation et le développement des truites, les ouvrages sont équipés de systèmes permettant la capture des poissons.

La qualité de l’eau

On distingue plusieurs types de qualité de l’eau qui dépendent des usages qui sont faits de la ressource :

  • pour l’irrigation, elle est d’excellente qualité,
  • pour la baignade, un suivi de la qualité est assuré par la DDASS.
  • d’un point de vue environnemental, elle répond à toutes les exigences de la législation en vigueur.
Résultats obtenus de 2000 à 2005 (source DDASS) :

Année

2000

2001

2002

2003

2004

2005

Qualité

4B

4A

5A

5A

4B

4A

  • 5 = nombre de prélèvements
  • A = bonne qualité
  • B = qualité moyenne

Des mesures de qualité des eaux ont été réalisées en 12 juin 2001 dans le cadre de l’établissement du dossier réglementaire.

Les prélèvements

Quatre prélèvements d’eau ont été réalisés dans le réservoir :

  • Deux à une cinquantaine de mètres à l’ouest de la vidange, l’un en surface (à 0.3 m de profondeur) et l’autre, à une profondeur de 3.5 m environ,

      - un dans la zone d’alimentation du plan d’eau, en surface (à 0.3 m de profondeur),

      - un au sud à proximité de la prise d’eau agricole, en surface (à 0.3 m de profondeur).

  • Deux prélèvements de sédiments ont également été réalisés dans le réservoir :

      - l’un, dans la zone la plus profonde à proximité de la vidange (1),

      - l’autre dans la zone d’alimentation.

Ces prélèvements ont été réalisés le 12 juin 2001 dans l’après-midi. Le plan d’eau était au niveau normal (969.30 m). Il était en phase d’alimentation depuis quelques jours. Au niveau du déversoir, la surverse représentait environ 100 l/s.

Les résultats Source (Source - G2C Environnement, 2002) :
Point de prélèvement1 - Vidange (à -3,5m)2 - Vidange (surface) 2 - Alimentation (surface)2 - Prise irrigation(surface)Canal d'alimentation (Répartiteur des Jaussauds)
Heure

14:30

14:30

15:15

16:00

17

Mesures de terrain

Température

°C

17,9

18,8

19

18,8

8,7

pH

unité pH

8,14

8,05

8,02

7,98

8,12

Oxygène dissous

%

115%

108%

113%

123%

198%

Oxygène dissous

mg/l

953

9,04

9,45

10,3

10,06

Conductivité

uSiemens/cm

236

234

231

228

166

Mesures de laboratoire

DB05

mg/l

<1

<1

<1

<1

 

DCO

mg/l

10

6

12

20

 

AzoteKjeldahl

mg/l N

<0,5

<0,5

<0,5

<0,5

 

MeS

mg/l

6

2

3

3

 

Ammonium

mg/l NH4

0,14

0,09

0,08

0,09

 

Phosphates

mg/l P

<0,05

<0,05

<0,05

<0,05

 

Phosphore total

mg/l P

<0,15

<0,15

<0,15

<0,15

 

Nitrates

mg/l N03

1,1

1

1

1

 

Nitrites

mg/l N02

<0,05

<0,05

<0,05

<0,05

 

Les mesures de qualité montrent une eau de bonne qualité. Les seuils de détection sur les phosphates et le phosphore total ne sont pas suffisamment bas pour classer le réservoir sur ces paramètres ; les autres paramètres correspondent à un classement de type « mésotrophe » dans la grille de qualité des lacs et réservoirs.

Pour comparaison, des mesures de terrain ont également été réalisées sur le canal d’alimentation. Les eaux du canal se différencient par une conductivité plus faible, mais surtout par la température. En période estivale, les eaux du canal froides et denses plongent pour aller s’établir et circuler en profondeur.

Concernant les sédiments, les mesures réalisées montrent une augmentation des matières organiques depuis l’alimentation du plan d’eau vers la vidange exprimant ainsi l’enrichissement en matières organiques du sédiment par la décomposition végétale dans le plan d’eau. Le rapport carbone/azote montre un sédiment peu organique à potentiel de minéralisation rapide.

Source : G2C Environnement, 2002

Les sédiments, ont une base minérale limono-argileux comprennent une fraction de sable fin. Leur composition est un peu plus organique que celle des sédiments transportés par le canal.

Le stock de phosphore total dans le sédiment (de l’ordre de 1g/kg) reste assez modeste. Cependant, compte tenu de la masse végétale à cette époque il est probable que le potentiel total de phosphore soit plus important. Ces teneurs associées à des conditions anaérobies peuvent cependant engendrer un relargage de phosphore et donc des phénomènes d’eutrophisation.

Concernant la population piscicole, elle est dominée par des cyprinidés (dont de nombreux chevaines) et des carnassiers (perches, brochets). Il y a également une espèce considérée nuisible, la perche soleil.

La population des macrophytes est largement dominée par de grands herbiers aquatiques à potamots luisants. Ils se développent de préférence sur des hauts fonds tendant à s’étendre en raison de la capture des sédiments par la végétation et de la décomposition sur place de cette dernière. A plus petite échelle, des algues filamenteuses se développent également sur le fond et les berges.

Sur les berges du secteur sud ouest, une roselière rivulaire est présente. Ce « radeau » appelé localement la «motte flottante» a donné son nom au site touristique.

Les usages de l’ouvrage

Le lac de Pelleautier est un site créé pour l’agriculture et l’irrigation, cependant le temps a donné raison à la naissance d’autres usages. L’irrigation est toutefois l’activité prioritaire.

L’irrigation

Cette réserve domine un périmètre de 1 273 ha souscrits.

La réserve de Pelleautier

Les surfaces cultivées sur le secteur, tout comme sur le secteur de D’, ont de fortes demandes en eau. Elles se répartissent comme suit :

  • 50 % de cultures fourragères,
  • 45 % d’arboriculture,
  • 5 % de maïs.

La demande est particulièrement soutenue de la mi-mai à la mi-septembre. Les pointes de débits appelés se situent en juillet et en août.

A partir de la mi-mars et jusqu’au mois de mai, la demande est essentiellement représentée par la lutte antigel par aspersion. Le lac de Pelleautier doit donc être à son niveau de remplissage maximum pour satisfaire cette demande.

Elle dessert les réseaux suivants :

Code réseau et nom

Superficie (Ha - a - ca)

Nombre

 

Cadastrée

Souscrite

Parcelles

Bornes

Sorties

Compteurs généraux

NB

Neffes - Barabane - Le Chaffal - Les Bonnets

207 16 99

290 03 15

325

85

154

75

NBP

Neffes - Les Blayes - Les Parots

188 85 99

223 12 67

253

54

113

40

TBC

Tallard - Les Blâches - Chaillol

151 73 48

184 16 70

263

61

99

30

TL

Tallard - Les Lauzes

244 60 19

575 51 45

783

115

221

361

Valorisation touristique

Le camping-bar-restaurant, « La Motte-Flottante » permet d’offrir de réels moments de détente, randonnés pédestres, VTT, randonnées à cheval avec les chevaux du lac.

Autres usages

Zone ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Touristique et Floristique) installée sur le site d'un ancien marais, le lac est devenu au fil des ans une réserve écologique où s'y abritent 80 espèces d'oiseaux en particulier en période d’hivernage.

Il est recensé en ZNIEFF (inventaire de 1988). Il figure aussi dans l’inventaire des zones humides du département des Hautes-Alpes réalisé par la DIREN et le conservatoire botanique en 1999.

La motte flottante

La « motte flottante » est une curiosité locale. Il s’agit d’une motte de végétation. Elle fût longtemps classée « Merveille du Dauphiné ». Elle est citée par Gervais de Tilbury dans le livre des merveilles. Il mentionne une curiosité locale. Il la nomme « pré de Cerseules » sur le territoire du château de Cerseules. « Au milieu du lac, une croûte de terre a formé une prairie, que les hommes ramènent à la rive au moment des fenaisons pour feeders ».

Le pré de Cerseules : (Livre des Merveilles, Traduction Annie Duchesne, Edition Belles-Lettres, 1992).
Dans votre royaume d’Arles, dans le diocèse de Gap, se trouve le château de Cerseules, sur le territoire duquel s’est formé un lac d’une grande profondeur. Or, au milieu du lac, une croûte de terre a fait une prairie. Dans le courant de l’année, aucun homme n’y porte la main ; à l’époque de la fenaison, on la tire jusqu’à la rive du lac en y attachant des cordes, et l’herbe est ainsi fauchée. Quand une juste répartition a été faite entre les nombreux copropriétaires, les cordes sont dénouées et la croûte de terre retourne occuper le milieu du lac, là même où elle se trouvait auparavant.

La motte est incluse dans la zone ZNIEF.

La principale curiosité de ce plan d'eau est sa motte flottante (ilôt recouvert d'une Phragmitaie qui se déplaçait au grès des vents. Au moyen âge, les paysans amenaient cette motte flottante sur la berge à l'aide de cordages tirés par des chevaux et se partageaient la fenaison. Dès la baisse des eaux, la motte reprenait sa place jusqu'à la montée des eaux suivante.

La motte flottante abrite le rare blongios nain et quelques couples de rousserolles effarvatte et turdoïde. C'est sur ce plan d'eau qu'a niché pour la première fois un couple de grèbes à cou noir au printemps 2000 (source le CRAVE).

Fonctionnement

L’alimentation de la réserve et des réseaux
Décomposition des volumes déversés dans le lac de Pelleautier depuis la réserve de D’ lors de la saison d’irrigation 2002

Mois

avril

mai

Juin

juillet

août

septembre

octobre

novembre

décembre

Vol. mensuel

647

1 168

801

491

594

732

439

63

-

Vol. cumulé

647

1 815

2 616

3 107

3 701

4 433

4 872

4 935

4 935

  • Vol. mensuel = volume en milliers de m3, par mois, déversé depuis la réserve de D’ vers le lac de Pelleautier.
  • Vol. cumulé = volume en milliers de m3, par mois, cumulé et déversé dans la réserve de Pelleautier.